Quelle préparation de suite donner à bébé en cas d’intolérance au lactose ?

L’intolérance au lactose touche, en France, moins de 5% des enfants. Si vous suspectez ce trouble chez votre enfant, il est important de passer par la case médecin avant d’éliminer le lactose de l’alimentation de votre bébé. Il vous permettra d’avoir un diagnostic précis, et notamment de vous assurer que votre enfant n’est pas allergique aux protéines du lait de vache (APLV). En effet, APLV et intolérance au lactose sont souvent confondues parce que certains de leurs symptômes digestifs sont identiques et qu’elles sont toutes deux dues au lait consommé par le bébé.

Réponses à vos questions de parents par le Dr Carole Rougé, spécialiste en nutrition infantile.

L’intolérance au lactose, pour les bébés comme pour les adultes, est une intolérance alimentaire, qui est provoquée par le sucre naturel du lait que l’on appelle le lactose. La déficience (le manque) ou l’absence de la lactase, l’enzyme qui digère le lactose, est responsable de ce trouble. Attention, cette dernière est à distinguer d’une allergie.

Les manifestations cliniques ou symptômes de cette intolérance touchent uniquement la sphère digestive.

Le lactose non digéré dans l’intestin est fermenté par les bactéries coliques générant des gaz/ballonnements, crampes/douleurs abdominales, diarrhées, nausées ou encore vomissements. Si votre enfant présente ces troubles, consultez votre professionnel de santé (pédiatre de votre bébé, médecin généraliste, …) qui posera un diagnostic  et proposera à votre enfant une réponse la plus adaptée à ses besoins.

Il existe 3 types d’intolérance au lactose.

  • L’intolérance congénitale au lactose : elle est extrêmement rare. Elle est liée à un défaut génétique. La lactase est totalement absente donc l’enfant est incapable de digérer le lactose.
  • L’intolérance primaire au lactose : c’est la forme la plus commune. Elle est liée à la diminution de l’activité de la lactase avec l’initiation de la diversification alimentaire dans la petite enfance. Il s’agit d’une réduction génétiquement programmée de l’activité de la lactase après la période de diversification. Des petites quantités de lactose sont tolérées.
  • L’intolérance secondaire au lactose : elle implique une pathophysiologie sous-jacente (ex : diarrhée) qui est responsable du déficit en lactase et de la malabsorption ultérieure du lactose. Dans cette situation, l’intolérance au lactose est transitoire.

L’intolérance au lactose comme l’allergie aux protéines de lait de vache correspondent à une hypersensibilité alimentaire fréquente chez le nourrisson et le jeune enfant. Toutefois, leurs origines sont différentes. Dans l’intolérance au lactose, l’aliment incriminé est le lactose présent dans le lait et les produits laitiers. Dans l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV), l’aliment incriminé sont les protéines présentes dans le lait de vache.

D’autre part, les manifestations cliniques peuvent être différentes. Dans l’APLV, les manifestations peuvent toucher la sphère cutanée, respiratoire et digestive. Alors que dans l’intolérance au lactose, seule la sphère digestive est touchée.

Il est important de consulter le professionnel de santé qui suit votre enfant (pédiatre ou médecin) lorsque votre bébé présente des diarrhées, des coliques, des gaz, des douleurs abdominales, des nausées ou des vomissements afin de ne pas se tromper de diagnostic mais aussi pour définir l’alimentation à proposer à votre enfant.

Si vous allaitez votre bébé, vous pouvez tout à fait continuer à le nourrir au sein.

Si votre enfant consomme un lait infantile, le médecin vous indiquera un lait adapté.

L’intolérance au lactose peut entraîner un régime d’éviction qui complique l’alimentation au quotidien.

C’est pourquoi, si l’intolérance est diagnostiquée, le médecin va vous aider à trouver le seuil de tolérance de votre bébé. Car de petites quantités peuvent être tolérées, et un écart de régime n’entraînera pas nécessairement une réaction grave.

Il faut aussi savoir qu’un régime pauvre en lactose va pouvoir contenir des produits fermentés comme certains fromages (fromages à pâte dure). Le beurre et les yaourts qui ne contiennent que des traces de lactose peuvent aussi être proposés. C’est essentiel car les petits ont besoin d’un bon apport en calcium et vitamine D pour assurer leur minéralisation osseuse.

Oui, il existe des laits infantiles sans lactose, pour les enfants intolérants. Ils sont disponibles en pharmacie, généralement sur prescription du professionnel de santé qui suit votre enfant (pédiatre ou médecin). Mais on peut les acheter sans ordonnance. A noter que ces produits sont destinés aux enfants réellement intolérants.

Il n’y a aucune raison de priver un bébé de lactose s’il n’a pas été diagnostiqué.
Attention, ces laits infantiles ne conviennent pas aux enfants allergiques aux protéines de lait de vache ou à risque d’allergie aux protéines de lait de vache.

Tout va dépendre du seuil de tolérance de l’enfant concerné. En grandissant, il est possible qu’il puisse boire un verre de lait par semaine, ce qui sera impossible pour d’autres. Chaque enfant est différent, avec son propre seuil de tolérance au lactose. Et si ce seuil est peu élevé, il pourra tout de même consommer des produits fermentés comme certains fromages et yaourts.

Oui, dans de très rares cas. En effet, si l’intolérance au lactose a un caractère génétique qui fait qu’elle semble être plus fréquente dans certaines familles, elle n’a cependant aucun caractère héréditaire, mis à part dans le cas très rare d’un déficit congénital en lactase. Les signes de cette maladie exceptionnelle (perte de poids, vomissements, diarrhées…) apparaissent dès les premiers jours de vie. Une fois le diagnostic réalisé de manière précise, un lait infantile sans lactose sera proposé au tout-petit, puis une alimentation sans lactose mise en place de façon permanente.

Cette durée, tout comme l’intensité des symptômes observés, varient d’un enfant à l’autre, en fonction de la quantité et de l’activité de la lactase que l’enfant est en mesure de produire, mais également en fonction de la quantité de lactose absorbée.
Généralement les signes apparaissent entre 30 minutes et 2 heures après l’ingestion du produit contenant du lactose, mais cela peut également prendre beaucoup plus de temps (jusqu’à 24 heures !), ce qui rend le diagnostic plus difficile.

Votre médecin vous conseillera le lait le mieux adapté à la situation de votre bébé s’il n’est pas allaité :

  • Intolérance congénitale (extrêmement rare) : régime permanent sans lactose.
  • Intolérance primaire : régime alimentaire transitoire sans lactose, y compris pour le lait infantile.
  • Intolérance secondaire (quand diarrhée durant + de 7 jours) : lors d’un épisode aiguë de diarrhée qui se prolonge au delà de 7 jours, le professionnel de santé qui suit votre enfant (pédiatre ou médecin) pourra lui prescrire un lait infantile sans lactose de façon transitoire. Parlez-en avec lui ! Votre enfant a une diarrhée, pensez à bien l’hydrater. La déshydratation est une complication fréquente de la diarrhée. L’utilisation d’un soluté de réhydratation orale (SRO) est recommandée pour prévenir ce risque. Parlez-en avec le professionnel de santé qui suit votre enfant (pédiatre ou médecin).

*aliments lactés destinés aux enfants en bas-âge

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En tant que parents, les choix que vous faites pour l’alimentation de votre enfant vous appartiennent. Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’OMS* d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus. Une alimentation saine et équilibrée est également très importante pendant l’allaitement. Cependant, nous comprenons que pour certains parents, l’allaitement n’est pas toujours possible ou que le choix du biberon est une préférence. Que vous envisagiez de nourrir votre bébé exclusivement au biberon ou en complément de l’allaitement, discutez-en d’abord avec un professionnel de santé. 

*Organisation Mondiale de la Santé

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