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La néophobie alimentaire

Quand on est parent, il est fréquent de se sentir un peu démuni ou inquiet face à son bébé qui refuse de manger ou de goûter certains aliments. Est-ce juste une manifestation parmi d’autres lors de périodes dites d’opposition entre notre enfant et nous, adultes ? Est-ce que cela peut être le signe de troubles plus graves ? Que faire si votre bébé traverse une phase de néophobie alimentaire ?

Faisons le point dans notre nouveau Podcast des parents curieux, avec le Dr Douvillez, pédiatre allergologue à Lyon.

Zoom sur les questions abordées avec le Dr Douvillez dans ce podcast : 

Qu’est-ce que la néophobie alimentaire ? Faut-il s’en inquiéter ?

Le terme de « néophobie alimentaire » est un « grand mot » qui peut faire peur aux parents. Il correspond au fait que le bébé refuse de manger des aliments nouveaux.
Il faut savoir que l’enfant mange grâce à un processus d’expérience sensorielle qui passe par le fait de regarder, de toucher et de sentir avant de porter les aliments à la bouche. Toute perturbation au moment de la mise en place de ce processus entrainera des troubles alimentaires et notamment des difficultés avec les morceaux. La nouveauté côté nourriture induit des réticences déclenchées par la vue, le toucher et l’odorat.

Concrètement, l’enfant peut faire preuve d’une certaine sélectivité alimentaire : il trie et examine attentivement l’aliment, puis le goûte à contrecœur et en petite quantité, pour finalement le recracher.

C’est une étape normale du développement de l’enfant, qui commence vers 18 mois et peut durer jusqu’à l’âge de 6 ans. Tout l’enjeu est de prévenir et de dédramatiser cette situation pour ne pas que les choses se cristallisent.

Comment prévenir la néophobie alimentaire ?

  1. En encourageant les futures mamans à avoir une alimentation variée, dès la grossesse et pendant l’allaitement. Ainsi, elles exposent leurs bébés à différents composés aromatiques, ce qui le rendra plus curieux et ouvert aux nouveautés.
  2. En démarrant la diversification tôt, entre 4 et 6 mois, comme l’indiquent les recommandations. Les études montrent en effet que la consommation précoce de fruits et de légumes avant 6 mois prédit la consommation de fruits et de légumes à l’âge de 7 ans !
  3. En veillant à lui proposer une grande variété alimentaire, ainsi qu’une grande variété de textures.
  4. En persistant avec bienveillance à proposer à nouveau un légume ou un fruit que votre bébé refuse de manger au cours de la diversification alimentaire (entre 4 et 6 mois). Il va finir par l’accepter et même l’apprécier. A contrario, si vous abandonnez après un refus, il y a des chances que ce fruit ou ce légume soit exclu de son alimentation pour très longtemps.
  5. En encourageant un contexte ludique d’éveil de ses sens. Par exemple, dès 9 mois, l’enfant peut participer à la préparation de son petit plat, et ainsi toucher et goûter les aliments. L’exposition visuelle de la nourriture au travers de livres ou de sorties au marché est également intéressante. N’hésitez pas à mettre des mots sur les aliments et le plaisir que vous avez à cuisiner pour vos enfants et à vous mettre à table tous ensemble. Il est important que votre bébé soit bien installé, dans une chaise haute et que vous le laissiez toucher les aliments et se salir !

Pendant les premiers mois de la diversification alimentaire, il est préférable de proposer un aliment différent chaque jour, pour que votre enfant apprenne le goût de chacun, et au bout de quelques mois, les présentations peuvent être variées et différents légumes associés en ajoutant des épices et des herbes aromatiques pour éviter la monotonie et stimuler tous ses sens !

Les morceaux seront introduits entre 6 et 9 mois en commençant par des croutes de pain et des boudoirs, toujours sous la surveillance d’un adulte, puis des petits morceaux, qui seront séparés des purées pour ne pas mélanger les textures.

La convivialité des repas est primordiale, et tout doit être mis en œuvre pour que ce soient des moments de plaisir et de découverte gustative, dans une ambiance joyeuse et détendue, en famille.

Que faire si le bébé refuse de manger malgré tout cela ?

Quelques clés :

  • Evitez de remplacer un aliment refusé par un autre et respectez bien le rythme de 4 repas / jour, sans grignotage entre les repas, même si votre bébé a mal mangé au repas précédent ! Si vous ne lui proposez que ce qu’il aime, en utilisant les aliments comme récompense ou en remplaçant les aliments qu’il refuse de manger, votre enfant sera encore plus sélectif.
  • Ne montrez aucune inquiétude s’il a peu mangé. N’abordez pas ce sujet sans cesse avec lui, et évitez d’en parler avec une tierce personne devant lui.
  • Evitez de servir dans son assiette des portions trop importantes, qui risquent de le décourager.
  • S’il a peu mangé, il ne doit pas être grondé ou puni et le chantage doit être évité.

En bref, essayez de rester calmes et détendus car votre enfant se rend compte qu’il a un pouvoir sur vous en refusant la nourriture et il peut en jouer… Faites comme si cela n’avait aucune importance pour vous… même si ce n’est pas simple !

Souvenez-vous de l’adage « un enfant ne se laisse jamais mourir de faim ». N’oubliez pas d’ailleurs non plus que l’appétit de vos enfants est variable d’un jour à l’autre, tout comme le vôtre.

Comment s’assurer que l’enfant n’aura pas de carences et de problèmes de santé ? Que ses apports journaliers sont suffisants ?

Les visites régulières chez le médecin de votre enfant permettent de surveiller son état nutritionnel et sa courbe de croissance. Si la période de néophobie alimentaire vous inquiète, n’hésitez pas à consulter votre médecin pour lui faire part de la situation, même s’il n’a pas de visite obligatoire ou de vaccin prévu prochainement. Il pourra vous guider pour adopter une attitude bienveillante et vous aider à éviter que les difficultés ne s’installent.

Que faire en cas de difficultés avec les morceaux, spécifiquement ?

  • Plus vous commencerez tôt à introduire les morceaux dans ses petits plats, entre 6 et 9 mois, plus votre enfant s’y habituera facilement. Si votre bébé n’est pas à l’aise avec ces nouvelles consistances, il vaut mieux éviter les textures mixtes en séparant les petits morceaux de la purée pour ne pas qu’il soit surpris. Laissez-le prendre les aliments à la main pour qu’il puisse les porter tout seul à la bouche. Sous la surveillance d’un adulte, laissez-le patouiller et se salir !
  • S’il refuse les morceaux après 18 mois, n’hésitez pas à en parler à son médecin car une prise en charge orthophonique pourrait l’aider et vous guider.
  • Vous pouvez aussi mettre en place des jeux sensoriels basés sur le toucher ou l’odorat. En cuisinant ou en jardinant avec votre bébé, vous allez l’aider. Laissez-le toucher, sentir et manipuler de la semoule, de la farine, des plumes, des pompons, des graines, de la pâte à modeler, de la terre ou de l’eau… Laissez-le pieds nus dans le jardin ou le bac à sable pour découvrir de nouvelles sensations. S’il n’aime pas avoir les mains sales, refuse de toucher et ne porte pas les aliments à la bouche, n’hésitez pas à renouveler ces expériences ludiques en famille, qui lui permettront de s’y habituer progressivement. L’air de rien, tous ces jeux l’aideront pour s’adapter à de nouvelles textures et aux morceaux !

Comment distinguer néophobie alimentaire et « anorexie d’opposition » ? Quel est ce trouble du comportement alimentaire des jeunes enfants ?

L’anorexie d’opposition survient à partir de 6 mois et se manifeste là encore par un refus de l’alimentation avec ses parents. Le tout-petit détourne la tête, serre les dents, s’agite, recrache ou garde les aliments dans la bouche. Par contre, sa soif est conservée.

Cette anorexie s’installe le plus souvent à la suite d’un événement ayant bouleversé la vie de l’enfant, tel que le sevrage ou un changement de mode de garde. Elle concerne le plus souvent des petits bébés au caractère curieux de tout, vif, joueur et bien éveillé sur le plan psychomoteur.

L’état nutritionnel et la croissance du bébé sont parfaitement normaux. En général, l’enfant souffrant d’anorexie d’opposition mange bien dans un autre environnement, à la crèche ou chez la nounou, par exemple, où il est aussi entrainé par un groupe d’enfants.

Accompagné par votre médecin, si vous arrivez à prendre de la distance, tout rentrera dans l’ordre facilement. En revanche, si le symptôme s’installe pour des mois voire des années, l’anorexie confère à l’enfant une « toute-puissance » qui pourra s’étendre à d’autres domaines, avec des colères, spasmes du sanglot, ou encore des troubles du sommeil…

Les difficultés alimentaires sont le plus souvent normales et passagères. Ne restez pas seul avec vos interrogations et parlez-en à votre médecin et surtout faites des repas de bébé des moments de joie et de découverte et faites-vous plaisir à table, tous ensemble, en famille !

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