Troubles et comportements alimentaires chez le bébé

Il est fréquent que les bébés traversent des phases de difficultés alimentaires : refus, sélectivité ou néophobie. Ces étapes font partie du développement normal de votre enfant, qui découvre peu à peu de nouvelles textures et saveurs. Cependant, lorsque ces comportements persistent ou s’intensifient, ils peuvent être le signe d’un trouble alimentaire pédiatrique.

Chez blédina, nous vous aidons à mieux comprendre ces troubles alimentaires, à identifier les signes d’alerte, et à savoir comment accompagner votre bébé en toute bienveillance et confiance, en lien avec les professionnels de santé.

Qu’est-ce qu’un trouble alimentaire chez le bébé ?

Un trouble alimentaire chez le bébé est une difficulté en lien avec la prise alimentaire qui ne couvre pas de manière optimale ses besoins nutritionnels, avec un retentissement sur sa santé, sa prise de poids, ou sa relation à la nourriture au moment des repas.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) parle de Trouble Alimentaire Pédiatrique (TAP) et le définit comme une « perturbation de l’apport oral en nutriments, inappropriée pour l’âge, d’une durée d’au moins deux semaines et associée à un ou plusieurs des critères suivants : problématique médicale, nutritionnelle, oro-sensori-motrice alimentaire et psycho-sociale »[1]

Chez le bébé, on parle parfois de trouble du comportement alimentaire (TCA), bien que ce terme soit plus souvent utilisé pour décrire les difficultés observées chez l’adolescent ou l’adulte (comme l’anorexie ou la boulimie). Les TCA chez le bébé et le jeune enfant les plus courants sont les troubles dits restrictifs ou d’évitement : rejet de certains aliments, se nourrir en très faible quantité…

Cependant, un bébé peut refuser de manger, sans présenter pour autant un trouble alimentaire. Il est assez fréquent que les bébés passent par ces périodes difficiles, souvent transitoires. En cas de doute, n’hésitez pas à demander l’avis du professionnel de santé qui suit votre enfant.

Les principaux troubles alimentaires chez l’enfant

Bébé refuse de manger

Un trouble alimentaire chez votre bébé peut se manifester par le refus de se nourrir avec une perte d’appétit significative, parfois après avoir développé une aversion orale (recul, haut-le-cœur, vomissement), une réaction allergique ou une peur anticipée du repas. 

Refus de certains aliments

Votre enfant peut rejeter certaines catégories d’aliments (par exemple les légumes) ou n’en accepter qu’un nombre très limité. Son panel alimentaire est donc très restreint.

La néophobie alimentaire

La néophobie alimentaire désigne la peur de manger des aliments nouveaux, inconnus. Elle correspond à une phase normale du développement de l’enfant : elle apparaît souvent vers l’âge de 18 mois avec la phase du «  non », et se manifeste principalement entre 2 et 6 ans. Si la néophobie est extrême ou persistante, elle peut limiter la diversification alimentaire[2]. 

Autres situations courantes

Certains enfants développent une sélectivité alimentaire marquée : ils refusent des aliments acceptés antérieurement avec une forte restriction du répertoire alimentaire. Cette réticence peut être due au type d’aliments (par exemple les légumes), à leur texture (purées épaisses, morceaux), à leur apparence ou même à leur température. On dit souvent de ces enfants qu’ils ont un plus petit appétit et qu’ils prennent plus de temps pour manger.

Quels sont les signes d’un trouble alimentaire chez le bébé ?

De manière globale, trois critères principaux permettent de repérer un trouble alimentaire : 

  • une quantité d’aliments insuffisante pour les besoins de l’enfant,
  • une diversité du panel alimentaire restreinte (catégories d’aliments, textures, couleurs, températures…),
  • un comportement perturbé au moment du repas (pleurs, colère, durée du repas longue, besoin de distraction…).

Plus précisément, voici quelques signes d’alerte qui peuvent suggérer la présence d’un éventuel trouble alimentaire. Ils ne suffisent pas à poser un diagnostic, mais ils justifient une évaluation approfondie par le professionnel de santé qui suit votre enfant.

  • Refus alimentaire persistant : votre bébé a tendance à refuser de nombreux types d’aliments, notamment ceux avec des textures ou des goûts nouveaux, avec une aversion marquée pour certaines catégories alimentaires comme les légumes ou les aliments solides plus généralement.
  • Manifestations orales : réflexes nauséeux exacerbés voire vomissements de manière fréquente.
  • Durée excessive des repas : votre enfant met trop de temps à manger (30-45 min).
  • Comportement anxieux à table : vous sentez que votre bébé n’a pas de plaisir à manger. Chaque repas devient une lutte avec des pleurs et des comportements de résistance.
  • Stagnation ou perte de poids : votre bébé n’arrive pas à obtenir une alimentation qui répond entièrement à ses besoins nutritionnels, ce qui impacte sa croissance avec une courbe de croissance qui stagne ou qui se « casse ».

Les causes possibles de ces comportements alimentaires

Les troubles alimentaires chez les bébés peuvent découler de multiples facteurs, souvent combinés :

  • Causes physiologiques bénignes : 
    • Difficultés d’oralité alimentaire, souvent liées à une introduction tardive ou limitée des textures et/ou à une hypersensibilité buccale.
    • Poussées dentaires qui peuvent générer un inconfort et donc une perte d’appétit.

  • Facteurs émotionnels : expérience négative autour du repas, anxiété de votre bébé, besoin d’autonomie.
  • Contexte du repas : ambiance stressante ou tension des parents lors des repas, manque de routine ou de cadre calme, modèles alimentaires familiaux.

Comment accompagner votre bébé face à ces comportements ?

Voici quelques principes pratiques avec l’approche la plus bienveillante possible :

  • Proposer, sans forcer : ne jamais contraindre l’enfant à manger car cela peut aggraver l’anxiété alimentaire
  • Offrir un cadre rassurant : repas à heure fixe, sans distraction (pas de jouets ni d’écran), dans une ambiance calme et positive
  • Valoriser la découverte : encourager l’exploration, le toucher, le goût, les petits essais
  • Répéter avec patience : les aliments refusés peuvent être proposés plusieurs fois, en laissant passer un peu de temps entre chaque présentation de l’aliment en question
  • Introduire les textures progressivement selon les capacités de mastication de l’enfant
  • Si besoin, mettre en place une approche multidisciplinaire : pédiatre, orthophoniste, nutritionniste, psychologue…

Le retour à une alimentation variée est un processus long et progressif. Il est important de rester patient, de respecter le rythme de votre bébé et de développer une relation positive autour de l’alimentation.

Quand consulter un professionnel ?

Consultez un professionnel de santé (pédiatre, diététicienne pédiatrique, orthophoniste…) si :

  • Le refus persiste plusieurs semaines ou mois
  • La courbe de croissance est affectée
  • L’enfant ne progresse pas dans la diversification alimentaire
  • L’alimentation devient une source de stress importante
  • Vous avez un doute sur le comportement alimentaire de votre enfant.

Vos questions sur les troubles alimentaires de votre bébé

  • Mon bébé refuse de manger depuis plusieurs jours, est-ce normal ? 

Oui, cela peut être transitoire. Continuez à proposer une variété d’aliments en petites quantités, en incitant votre bébé à toucher, mettre ses mains dans sa bouche et dans le plat. La découverte tactile de la nourriture est importante pour lui. Si le refus perdure, demandez l’avis du professionnel de santé qui suit votre bébé.

  • Que faire si mon bébé ne mange que certains aliments ? 

Certains enfants ont besoin de temps pour accepter de nouveaux aliments. Continuez de proposer régulièrement les aliments non acceptés en petites quantités, dans un climat serein et rassurant, et mangez ces mêmes aliments avec lui, à table, pour lui donner envie et montrer l’exemple.

  • Dois-je forcer mon bébé à goûter ?

Non, ne forcez pas votre bébé, cela pourrait aggraver la situation en augmentant les refus alimentaires. Laissez-le explorer à son rythme, pour qu’il développe une relation positive à l’alimentation. 

[1] Cairn.info, Troubles alimentaires du nourrisson et du jeune enfant : évaluation et axes de prises en soins en orthophonie, 2021 : https://stm.cairn.info/troubles-oro-myofonctionnels-chez-l-enfant-et-l-adulte--9782807331303-page-18?lang=fr  

[2] : Nicklaus, S. & Monnery-Patris, S. Comment la néophobie alimentaire affecte-t-elle l’alimentation de l’enfant ? Origine, développement et conséquences pratiques pour les parents et les éducateurs. Cahiers de nutrition et de diététique, 2024, doi: 10.1016/j.cnd.2023.12.003.

Nous sommes là pour vous à chaque étape

En tant que parents, les choix que vous faites pour l’alimentation de votre enfant vous appartiennent. Le lait maternel est ce qu’il y a de mieux et apporte tous les bienfaits dont votre bébé a besoin pour bien grandir. C’est pourquoi nous soutenons la recommandation de l’OMS* d’un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis d’un allaitement poursuivi en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus. Une alimentation saine et équilibrée est également très importante pendant l’allaitement. Cependant, nous comprenons que pour certains parents, l’allaitement n’est pas toujours possible ou que le choix du biberon est une préférence. Que vous envisagiez de nourrir votre bébé exclusivement au biberon ou en complément de l’allaitement, discutez-en d’abord avec un professionnel de santé. 

*Organisation Mondiale de la Santé

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