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Les coliques du nourrisson

Votre nouveau-né, par ailleurs en bonne santé, a des épisodes de pleurs récurrents et éprouvants ? Il se tortille et semble souffrir sans que vous parveniez à le soulager ? Vous soupçonnez des coliques ? Mais quels symptômes exactement se cachent derrière ce vocable de « coliques » ? Quelles sont les causes de ces bobos qui semblent venir du ventre ? Comment soulager votre nourrisson lors d’un épisode de colique ? Y a-t-il des traitements qui marchent ? Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

Les premiers mois de la vie d’un bébé ne sont pas que gazouillis, échanges de sourires et tendres areuh areuh. L’autre côté de la maternité, c’est aussi les pleurs de bébé, qui a pourtant bien mangé, a été changé et câliné à volonté. Voici quelques conseils et techniques pour aider Bébé et toute la famille à passer ce cap, parfois difficile pour tout le monde.

Mon bébé a des coliques, quels sont les symptômes ?

La colique demeure parfois un mystère pour les pédiatres et les spécialistes de la petite enfance. Il n’y a pas de symptômes précis associés. Voici quelques critères aidant à diagnostiquer les coliques1 :

  • Bébé est âgé de moins de 5 mois quand les symptômes commencent.
  • Il a des épisodes récurrents et prolongés de pleurs ou d’irritabilité sans raison apparente et qui sont difficiles à soulager. Ces épisodes surviennent généralement en fin de journée, le soir.
  • Vous reportez au moins 3 heures quotidiennes de pleurs durant au minimum 3 jours, pendant 1 semaine.
  • L’enfant, très agité, semble inconsolable. Il a le visage rouge à force de crier.
  • Il suit une courbe de poids régulière, n’a pas de fièvre et n’est pas malade.

Environ 20 % des nourrissons souffrent de ces coliques, qui peuvent mettre à mal la patience des parents.

Ces coliques sont-elles graves ?

Les coliques sont indéniablement sources de préoccupation importantes pour les parents : les mères les citent en deuxième position de ce qui les soucie, après les difficultés alimentaires (régurgitations, repas compliqués), et avant les troubles du transit et l’ictère2.

Il est tout à fait normal de se sentir impuissant et désarmé face à des pleurs et des cris qu’on ne parvient pas à calmer. Cependant, la première chose à se dire est que ces coliques ne sont pas graves. N’hésitez pas à consulter votre pédiatre ou médecin de famille pour en parler avec lui, il vous le répètera : elles sont bégnines (même si elles perturbent l’équilibre familial et constituent un épisode pénible pour tous) et vont disparaître spontanément.

Surtout, soyez convaincu que l’enfant n’en gardera aucune séquelle. Une étude médicale portant sur un groupe de bébés avec colique suivis pendant 4 ans a démontré que leur développement tant physique que psychique n’a différé en rien des autres enfants (pas de problèmes spécifiques de sommeil, de croissance ou d’hospitalisation). La seule particularité observée dans le groupe de nourrissons ayant eu des coliques était qu’ils étaient décrits comme plus « émotifs »3.

En résumé, si les épisodes de colique peuvent paraître « graves » aux parents qui les vivent et qui sont plongés régulièrement dans des crises de cris stridents et angoissants pour eux, il faut se répéter qu’elles ne sont que temporaires et ne seront bientôt qu’un mauvais souvenir. Par ailleurs, les pleurs de l’enfant ne sont pas nécessairement synonymes de douleurs.

Quand les coliques s’arrêtent-elles ?

Apparues dans les premiers mois de vie, lorsque le nourrisson est âgé d’environ 4 semaines, les coliques disparaissent la plupart du temps spontanément vers l’âge de 3-4 mois (mais, dans certains cas, elles peuvent durer jusqu’aux 6 mois du bébé). Généralement, le pic des épisodes de pleurs intervient autour des 6 à 8 semaines de l’enfant4.

Il est important, de faire appel à un professionnel de santé si vous vous sentez dépassée, épuisée, à la limite de craquer. Ce n’est pas un aveu de faiblesse ni une prise en défaut de vos qualités parentales, bien au contraire. Le médecin ou le pédiatre vous aidera à surmonter votre fatigue et saura vous orienter vers des unités de soins mère/enfant qui pourront être d’excellents relais pour vous soutenir face à cet épisode éprouvant, et vous proposer des solutions pour surmonter les épisodes de colique de votre bébé.

Quelles sont les causes des coliques ?

C’est la grande question, car, à partir du moment où on a identifié l’origine du mal, il est plus simple de le traiter. L’origine des coliques est bien souvent multifactorielle. Plusieurs hypothèses sont évoquées5 :

  • Les coliques sont souvent dues à une immaturité du système digestif de l’enfant. Le bébé peut avoir du mal à digérer certains nutriments, notamment une partie du lactose. Cela peut provoquer gaz et ballonnements. L’enfant semble se tortiller de douleur au niveau du ventre.
  • Certaines études mettent en avant l’importance du microbiote dans le développement des coliques : en effet, les nourrissons ayant un nombre approprié de lactobacilles seraient moins à même de développer des coliques.
  • Chez certains enfants, les coliques peuvent être dues à une allergie alimentaire, notamment aux protéines de lait de vache.
  • Ces épisodes de pleurs peuvent témoigner d’une étape de transition difficile dans le développement de l’enfant : certains évoquent une adaptation difficile à un cycle veille-sommeil calé sur 24 heures, d’autres mettent en cause un retard de maturation du cycle parasympathique.
  • La piste psychologique est parfois évoquée, les coliques étant la conséquence d’une tension nerveuse trop intense : le nouveau-né aurait emmagasiné trop d’émotions et d’informations durant la journée, durant laquelle il a été sollicité. Ses pleurs vespéraux seraient une façon pour lui de se décharger émotionnellement, de « vider son sac ».
  • Plusieurs spécialistes de l’ostéopathie évoquent cette cause lors de consultations de nourrissons souffrant de coliques.

 

La prise en charge des coliques est avant tout comportementale, aucun traitement médicamenteux n’a réellement fait la preuve de son efficacité. Dans 90 % des cas, le seul « traitement » efficace est la réassurance des parents et leur accompagnement afin de surmonter cette période qui peut être difficile pour toute la famille.

 

Conseils pour soulager les coliques

Diverses petites techniques peuvent être essayées afin de soulager les coliques du nourrisson.

  • Les massages du ventre : allongez votre bébé sur le dos et découvrez-le, soit en gardant son body, soit en le dénudant s’il l’accepte et si la température le permet. Avec la paume de votre main, massez-le par petits cercles autour du nombril, dans le sens des aiguilles d’une montre.
  • Le mouvement : en porte-bébé, dans la poussette, ou même en voiture (dans un siège-auto, bien attaché), le mouvement peut faire office de diversion et calmer votre bébé.
  • Porté sur vos avant-bras : placez votre bébé le ventre posé sur vos avant-bras croisés, avec, d’un côté, la tête et, de l’autre, les jambes à califourchon. Cette méthode est un mélange des deux précédentes, puisque bébé est à la fois promené au gré de vos déambulations, le ventre massé par vos mains.
  • L’administration d’une tétine ou le fait de téter le petit doigt d’un parent (à condition qu’il ait été correctement lavé, savonné et rincé). Le fait de téter rassure beaucoup les nouveau-nés et leur apporte un sentiment de sécurité bienfaisant qui peut les aider à se calmer.
  • Certaines études montrent que l’administration au biberon et à température ambiante d’une tisane à la camomille et au fenouil peut aider à réduire les coliques. Attention, le dosage de ces infusions est important. Rapprochez-vous de votre professionnel de santé si vous souhaitez en donner à votre enfant7.

Précautions diététiques

Les conditions de prises des repas sont importantes : privilégiez un environnement calme, à l’écart du bruit et des sollicitations en tous genres. Fractionnez les prises alimentaires en augmentant leur fréquence. Et tenez tant que possible votre enfant le plus à la verticale possible afin de limiter les régurgitations.

  • Dans le cas d’un enfant allaité, la mère peut temporairement diminuer tous les aliments qui ont tendance à fermenter et à provoquer des gaz et ballonnements (les légumes secs, les choux…). Mais elle ne doit pas remettre en question la qualité de son lait et envisager de sevrer son bébé, car il n’y a aucun lien entre allaitement et coliques.
  • Dans le cas d’un enfant nourri au biberon, il ne faut pas entamer une valse des laits en multipliant les essais entre un lait et un autre, ce qui n’aurait pour effet que de déstabiliser le tout-petit. En revanche, vous pouvez choisir un biberon et une tétine conçus pour diminuer l’aérophagie.

À lire et relire en cas de crise de coliques

Les coliques des bébés ne sont pas graves et ne portent pas préjudice au développement ultérieur de votre enfant. Armez-vous de patience, faites-lui savoir que vous êtes présent pour lui, attentif à son bien-être et prenez-le dans vos bras autant que vous le pouvez. Mais si vous êtes épuisé ou que vous devez vous occuper des aînés ou autre, ne culpabilisez pas : ces douleurs sont passagères et votre bébé n’en gardera aucune séquelle.

[1] Benninga M. A., Nurko S., Faure C., Hyman P. E., James Roberts I. S., Schechter N. L. (2016). Childhood Functional Gastrointestinal Disorders: Neonate/Toddler. Gastroenterology, 150, 1443-1455.[2] Cottrell B.H., Todd N.A. Home care concerns for the normal newborn. Home Care Provid 1998; 3:293-7.[3] Canivet C., Jakobson I., Hagander B. Infantile colic follow up at four years of age: still more « emotional », Acta Paediatr 2000; 89: 13-7.[4] Vandenplas, Y., Ludwig, T., & Szajewska, H. (2015). Gut Health in early life : Implications and management of gastrointestinal disorders. Wiley.[5] Vandenplas Y. et al. (2015).[6] Benninga M.A. et al (2016).[7] Savino F (2007) Focus on infantile colic. Acta Paediatr 96, 1259-1264.

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